Vainqueur de la Coupe d’Europe face à Clermont ce week-end, le RC Toulon rêve secrètement de réaliser un doublé historique en s’adjugeant également le Top 14, avec une première étape dès vendredi en demi-finale face au Stade Toulousain, habitué de ces phases finales.

Toulon a l’occasion de rentrer dans l’histoire en réalisant le doublé Top 14 – H Cup cette saison. Si le Stade Toulousain l’a déjà fait en 1996, la Coupe d’Europe vivait alors la première édition de son histoire, et n’incluait pas les clubs anglais. Dans sa formule moderne, seuls les clubs anglais de Leicester en 2001 et les Wasps en 2004 ont réussi à remporter la même année le trophée continental et leur championnat national.

Mourad Boudjellal, le président du RCT, n’a lui pas fixé cet objectif. Pour moi, la saison est terminée, je ne sais même pas si je vais aller à Nantes (où se jouent les demi-finales, ndlr), je m’en fous en fait. Les Toulousains peuvent venir en claquettes, je m’en fous. Le Top 14, j’en ai rien à cirer. On est champion d’Europe, je vais savourer ça. Si les joueurs veulent aller gagner le Top 14, ils vont aller se le chercher, a-t-il lancé samedi soir.

Le son de cloche n’est pas le même du côté des joueurs, chez qui l’ambition transpirait dès samedi soir après avoir réussi à faire chuter Clermont, grand favori de la finale, en affichant une incroyable force physique et mentale. Dès lundi, il va falloir switcher et penser à la demi-finale. On est des professionnels. On a fait la moitié du chemin, on sait qu’on peut encore réaliser quelque chose d’historique. On a les moyens de le faire, estime Mathieu Bastareaud. Il faut se servir de ce titre, personne ne pensait qu’on pouvait gagner cette finale. Je pense que les Toulousains vont nous attendre avec les crocs.

Préparation au calme

Avant de parler de doublé, on va préparer une demi-finale, tempère le manager Bernard Laporte. Ce qui nous a aussi servi dans cette finale, ce sont des phrases lâchées par des Clermontois qui disaient qu’ils allaient fêter ça plus tard. Avant de penser à faire la fête, il faut gagner les matchs.

Double champions de France en titre, sacrés face à ces mêmes Toulonnais (18-12) la saison passée et emmenés par un Guy Novès maître ès phase finale, les Toulousains préparent eux cette demi-finale depuis vendredi dernier, et leur succès contre le Racing Métro en barrage (33-19). Le Bouclier de Brennus, qui serait le 20e de leur histoire, est le seul objectif des joueurs de la Ville Rose cette saison.

Les Varois restent en Irlande pour préparer leur match, loin de l’euphorie toulonnaise, et gagneront Nantes mercredi. Si contrairement aux Clermontois leur moral sera au beau fixe, il leur faudra toutefois récupérer d’un match d’une intensité physique rare. Ils devront notamment très vraisemblablement se passer du pilier Carl Hayman, blessé. Mais le RCT possède un effectif pléthorique (Steffon Armitage, Suta, Mermoz, Michalak étaient notamment sur le banc samedi, Shaw et Smith ne figuraient pas sur la feuille de match) qui lui permet d’aligner une équipe compétitive six jours après sa demi-finale. Ce serait triste de galvauder les derniers matchs parce qu’on a gagné une Coupe d’Europe. Il reste quelque chose de beau à faire. Gagner un Bouclier de Brennus, c’est quelque chose de particulier pour les Toulonnais, assure Jean-Charles Orioli. Toulouse, ça fait quinze jours qu’ils se préparent, on sera encore une fois dans la peau de l’outsider.