A peine remis de leurs émotions du sacre européen, les Toulonnais doivent effectuer une délicate bascule vers leur demi-finale de Top 14, vendredi à Nantes face à Toulouse (21h00), préparée dans la quiétude dublinoise.

Le plus dur c’est de passer de cette joie, cette euphorie à un autre match, notait lundi le centre du RCT Mathieu Bastareaud. Il faut arrêter de penser à cette finale, tu reçois des textos, tu revois des photos et du coup c’est compliqué.

Quarante-huit heures à peine après avoir battu Clermont (16-15) dans une finale à suspense, il faut déjà aux hommes de Bernard Laporte remobiliser les corps et les esprits. Une mission ardue, tant ils ont dû puiser au plus profond d’eux-mêmes pour forcer leur destin samedi soir.

Les chiffres de la finale témoignent d’ailleurs de la violence des affrontements et des assauts subis par les Toulonnais qui ont dû réaliser 176 plaquages (contre 66 côté Clermontois) tout en jouant 75% du temps dans leur propre camp.

Bastareaud en est l’exemple le plus criant: élu homme du match après une prestation notamment défensive de très haut vol, le puissant centre est incertain pour la demi-finale de vendredi. Victime d’un coup sur la rotule gauche, il devrait passer une échographie ou une IRM (imagerie par résonance magnétique) mercredi soir ou jeudi matin afin de confirmer ou infirmer sa participation.

En revanche, les nouvelles semblaient meilleures pour le pilier Carl Hayman, sorti en grimaçant samedi et au sujet duquel Bernard Laporte se voulait optimiste.

Après un match comme ça, il faut deux à trois jours pour se remettre d’aplomb, relève le Néo-Zélandais. Il faudra être très précis à l’entraînement car on n’aura pas beaucoup de temps pour préparer le match.

C’est à nous de les remotiver, de refaire bouillir la marmite, souligne de son côté Laporte, tout en assurant qu’il n’apporterait que peu de retouches à son XV de départ contre Toulouse.

Ici, c’est facile

Lundi, l’heure était donc à la récupération pour tous. Comme prévu, les Toulonnais sont restés à Dublin, théâtre de leur exploit européen, pour préparer leur échéance de fin de semaine, et ne s’envoleront pour Nantes que mercredi dans l’après-midi.

Après avoir eu quartier libre dimanche – certains partant à la découverte de la ville, d’autres restant dormir à l’hôtel – les Toulonnais ont rechaussé les crampons lundi pour une séance très allégée, séparé avants et trois-quarts, puis un peu de musculation et de +cardio+, avant de satisfaire à quelques obligations médiatiques. Le programme devrait être identique mardi avant un entraînement collectif – le seul de la semaine – mercredi matin à Dublin.

Le cadre est en tout cas idéal, noyé dans la verdure de l’immense campus de l’University College Dublin, où sont basées les installations du Leinster. Les Toulonnais logent à quelques pas, dans un superbe hôtel en vieilles pierres où étaient descendus… les Clermontois, pour préparer la finale !

Alors, gérer cette transition, en étant ici, c’est facile, assure Frédéric Michalak, qui devrait être titulaire vendredi. Il n’y a pas les supporters autour. La finale reste dans les têtes mais on est passé à autre chose. On a revu le match aujourd’hui pour voir ce qui n’a pas bien marché et là, on va attaquer les vidéos de Toulouse, ajoute le demi de mêlée qui se souvient avoir déjà vécu des situations similaires lorsqu’il évoluait… à Toulouse, avec qui il a été sacré sur la scène continentale en 2003, 2005 et 2010, sans parvenir à réaliser le doublé avec le Championnat de France.

Souvent, on rentrait pour fêter le titre européen avec les supporters et les familles. On y laissait quand même pas mal d’énergie, se remémore Michalak. Est-ce que cette méthode marche mieux ? On verra.