Brive, incontestable vainqueur de Pau dimanche (30-10) en finale de Pro D2, a réussi le pari de remonter après une seule année passée au purgatoire, performance rare et logique pour un groupe qui semble désormais armé pour le Top 14.

Les larmes et la détresse de la descente de mai 2012 ont laissé place aux larmes et au bonheur de la montée. C’était espéré, les Corréziens, qui s’étaient donné deux ans pour remonter, l’ont réalisé en douze mois, imitant Albi, seule équipe jusque-là à avoir réussi à faire l’ascenseur en une année, en 2006.

Plus agressifs, impériaux dans les rucks, en conquête, plus expérimentés et libérés le score aidant, les Brivistes ont confirmé qu’ils étaient bien la meilleure équipe de Pro D2 derrière l’intouchable Oyonnax.

La conclusion est logique pour un groupe sûr de son fait, qui aurait pu exploser il y a un an, mais qui, au contraire, est resté uni, avec peu de départs à l’intersaison 2012, a fait front lors des premiers mois de Pro D2 (10e après cinq journées), avant de se retrouver dans une dynamique folle, irrésistible (12 victoires en 13 matches).

Au début de l’année, tout le monde nous crachait dessus, tout le monde nous voyait mort, nous prenait pour des jambons, rappelle Julien Caminati, homme de cette finale avec 20 points inscrits. On a su mettre les choses dans l’ordre et là, c’est magique, ajoute l’arrière, qui évoluera à Grenoble la saison prochaine le coeur tranquille, en laissant comme promis le CAB en Top 14.

Ca va piquer

La Pro D2, c’est vraiment l’école de l’humilité, il faut se remettre à sa place et travailler d’arrache-pied, constate pour sa part le manageur Nicolas Godignon, qui a su fédérer avec son staff. Et pense plus que jamais à la suite.

Statistiquement, et hormis la surprise Bordeaux-Bègles en 2011, le promu issue de la finale d’accession a toutes les peines du monde à se maintenir l’année suivante.

Les choses difficiles commencent, c’est ce que tout le monde dit, confirme le président Jean-Jacques Bertrand. Mais le +projet aller-retour+, je ne veux pas le faire l’année prochaine.

On sait que ça va piquer, que ce sera une belle galère mais on va se battre avec nos armes et notre coeur, indique Arnaud Méla, 2e ligne et capitaine fidèle.

En Pro D2, Brive était reparti avec un budget de 10,7 millions d’euros, avec une image restée intacte auprès des partenaires, prêts à suivre. Avec la montée, il va être automatiquement revu à la hausse, qui plus est avec les droits télé et marketing versés par la Ligue.

Côté terrain, le CAB va perdre deux de ses leaders avec Caminati et Luafutu, joueur le plus utilisé de l’effectif, qui s’est engagé avec l’UBB. Dans l’autre sens, il va accueillir Germain (Racing), Leupolu (UBB), Sanchou (Castres), Neveu (La Rochelle), Asiehvili et Pinet (Aurillac), et quelques jeunes manquant de temps de jeu dans les grands clubs.

Le club devrait également prolonger sa fructueuse collaboration avec Philippe Carbonneau, ancien demi de mêlée du club arrivé à la rescousse de l’animation offensive en janvier.

Notre recrutement était terminé pour la Pro D2, il va falloir qu’on renforce encore le groupe pour le Top 14, conclut Godignon qui boucle en beauté sa première année d’entraîneur en chef. Mais c’est bien avancé, ça devrait se faire rapidement.